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Les produits laitiers: oui ou non?

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De tout ce qu'on m'a appris durant mes études de diététique, avoir un esprit critique et vérifier mes sources sont des éléments que je peux encore utiliser au quotidien. Je n'en dirais pas autant en ce qui concerne certains principes comme le comptage des calories, la consommation de produits lights ou encore de lait de vache. Voici les raisons pour lesquelles, malgré ce qu'on m'a enseigné au Barbou, je ne conseille pas de manger deux produits laitiers au quotidien à mes patients:

1. Leurs protéines sont délétères

Le lait de vache fait partie des allergènes les plus courants. Ceci est lié à sa protéine, et non pas au lactose comme beaucoup le croient. Ce que beaucoup d'entre vous ne savent pas encore, c'est que la personne allergique au lait de vache a plus de risques de maladies auto-immunes, hyperactivité, autisme, affections ORL et diabète insulino-dépendant.

De plus, les proportions dans lesquelles se trouvent les acides aminés dans la protéine de lait de vache lui confèrent des propriétés favorisant la croissance (du bébé veau, mais aussi des cellules tumorales et autres tissus) et le stockage des graisses.

La protéine de lait de vache est riche en leucine, un acide aminé favorisant l'inflammation, accélérant le vieillissement et favorisant les mutations génétiques qui précèdent la survenue d'un cancer.

2. Leurs matières grasses ne sont plus ce qu'elles étaient en 1960

Avec l'agriculture intensive et toutes ces vaches qui mangent plus de farines que d'herbes, la qualité des matières grasses du lait (ainsi que de la viande) s'est amoindrie. Le lait de vache actuel est bourré de graisses saturées et trans, deux familles d'acides gras favorisant le surpoids, les maladies cardio-vasculaires, les cancers, l'inflammation et les allergies. L'idéal en cas de consommation de produits laitiers est toujours de favoriser la qualité de l'élevage: des vaches en pâture, dans une ferme bio sont le gage d'une teneur en oméga 3 plus élevée.

Pire: solubles dans la graisse, des dioxines et autres substances toxiques et cancérigènes se retrouvent dans le lait dans des quantités relativement élevées.

De plus, les graisses saturées empêchent l'absorption du calcium. En se liant au minéral, les graisses forment des "savons" inabsorbables qui finissent aux toilettes.

Du coup, pour le calcium on repassera... il n'est absorbé qu'à raison de 30-35% dans le lait de vache. L'assimilation du calcium végétal est nettement plus élevée: elle peut atteindre 70%! Les amandes, sardines, algues, crevettes, noix, noisettes, figues sèches et les eaux minéralisées sont de très bonnes sources de calcium. Et les laits végétaux enrichis en calcium sont là pour ne pas bousculer vos habitudes complètement, donc aucune excuse pour ne pas remplacer le lait!

3. Le lactose: mauvais qu'on soit intolérant ou non

75% de la population mondiale ne digère pas le sucre du lait, le lactose. Ce qui provoque chez ces personnes, selon leur tolérance, plus ou moins de ballonnements, diarrhées, douleurs abdominales de type crampes, maux de tête, vomissements et parfois constipation.

Chez les rares personnes capables de digérer le lactose et de le transformer en galactose, celui-ci finit par s'accumuler dans les tissus. notamment dans le cristallin où il provoque de la cataracte, mais aussi dans les nerfs, donnant lieu à des neuropathies périphériques. Ces phénomènes sont encore plus marqués chez les personnes diabétiques (voir cette étude).

De plus il a été observé dans des études épidémiologiques une élévation du nombre de cancers du sein et de la prostate chez les personnes qui consomment du lait.

Et dans des études sur animaux de laboratiore, à des doses ne dépassant pas l'équivalent de deux verres de lait par jour, il a été montré:

  • une accélération du vieillissement, une immuno-dépression et un déclin cognitif (dans cette étude)
  • une altération de la mémoire, neurodégénérescence, et dommages oxydatifs (dans celle-ci)
  • un déclin cognitif et des dommages oxydatifs liés à l'âge (dans celle-là)
  • diminution de l'espérance de vie et augmentation des marqueurs de stress oxydatif (ici)

4. Lait de vache et diabète

Outre le fait que l'allergie au lait de vache peut provoquer la survenue d'un diabète de type 1, le lait contient lui-même des molécules diabétogènes pouvant donner l'apparition d'un diabète de type 2 en augmentant la résistance à l'insuline (voir ici) et peut ainsi favoriser le surpoids.

5. Lait de vache et ostéoporose

Le lait de vache favorise l'ostéoporose pour plusieurs raisons:

  • les graisses qu'il contient bloquent l'absorption du calcium
  • il est riche en phosphore, 6 fois plus que le lait humain. Le phosphore aussi se lie au calcium pour empêcher son absorption, le calcium se retrouve alors dans l'intestin.
  • la quantité de calcium importe peu: la Suède est un des plus grands consommateurs de produits laitiers, et pourtant c'est dans ce pays que l'on observe le plus de fractures du col du fémur chez les femmes de plus de 50 ans! Par contre en Asie peu de produits laitiers sont consommés et il y a moins d'ostéoporose.

Comme pour tout, ce n'est pas la quantité qui compte, afin d'assimiler correctement le calcium, il faut qu'il ne soit pas retenu par des graisses saturées ou du phosphore, mais aussi qu'il y ait dans l'alimentation les cofacteurs nécessaires à sa bonne utilisation: vitamine D, magnésium, vitamine K, ... Et surtout: la traction du muscle sur l'os lors de l'exercice physique permet d'augmenter la solidité de ceux-ci. Bougez un maximum! Ne vous économisez jamais!

6. Produits laitiers et acné

On ne compte plus les études à ce sujet: il existe bel et bien un lien entre la consommation de produits laitiers et l'acné, sa fréquence et sa sévérité (par exemple, cette étude) .

Alors, il est vrai que beaucoup d'études vantent les mérites du lait sur la santé, mais étant donné que la plupart de ces études ont été financées par les lobbys du lait, leurs découvertes sont de plus en plus controversées. Favoriser des études de laboratoires indépendants et des méta-analyses d'études est la meilleure façon de démêler le vrai du faux, dans un monde où l'on peut lire et entendre tout et son contraire. D'autre part, si vous êtes encore sceptique quant au rôle joué par les produits laitiers sur la santé, je vous invite à vérifier la véracité de mes propos par vous-même, en stoppant lait et dérivés pendant quelques semaines et en observant les effets que cela aura sur votre bien-être. Si vous vous sentez mieux face à de petits soucis comme la digestion, l'acné, les maux de tête, les ballonnements, les allergies, ... cela vous ouvrira les yeux et vous permettra de voir ces aliments plutôt comme des aliments-plaisir à ne pas consommer tous les jours.

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